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Enigmatique Bourget 2015. 06/18/2015

 

 

En me promenant dans les allées du Salon du Bourget 2015, j’ai ressenti une atmosphère étrange. Celui qui est présenté comme étant «  le plus grand salon du monde », « attendu des passionnés » par de très nombreux medias (écrits, radio et télé) a ouvert ses portes lundi 15 juin. Ce mercredi 17, je me suis donc rendu sur les lieux, encouragé par un soleil radieux, une météo rêvée pour réaliser quelques prises de vues. Après avoir franchi la porte d’entrée, toujours accueilli par le sourire magnifique des hôtesses d’accueil (*), j’accède aux parkings de l’exposition statique des aéronefs, un rite initiatique personnel d’arrivée au Bourget, qui me permet toujours de prendre le « pouls » de l’édition de l’année. Ma première sensation est de me trouver sur des parkings en partie vides. Certes les avions civils Boeing et Airbus de Qatar Airways sont là en grand nombre, ainsi que que le Bombardier CS300, le 7e ATR 72-600 livré à Air NewZealand .., le démonstrateur du Dassault Falcon 8X, et aussi le magnifique Boeing 787-9 de Vietnam Airlines que nous verrons en vol, quelques heures plus tard. Le  Salon est déserté par les industriels militaires. Car d’une part, il suffit de se référer à l’actualité géopolitique pour se rappeler combien tout a été fait de toutes parts, pour qu’une participation russe soit sabordée. Les USA ont bel et bien leur ligne budgétaire pour présenter en vol, des appareils militaires dans les salons, mais il suffirait de m’accompagner lors des airshows éloignés de l’Europe, là où leur présence est remarqué (cf  http://www.sky-lens.com/articles-news.php?recordID=254), pour mieux comprendre pourquoi ils ne le font pas à Paris. Il faut le souligner, le Département de la Défense (DoD) préfère être présent dans d’autres forums tels que Dubai, LIMA, Bahrain, et bien d’autres …, tous organisés au plus près d’ensembles géographiques de nations potentiellement clientes dans les matériels de défense, que ce soit dans le Golfe ou en Asie. Revenons aux réalités, l’épicentre des marchés militaires n’est plus en Europe …Alors, pour cette raison, le Salon du Bourget ne deviendrait-il pas, du fait de ce contexte géostratégique et par l’absence des militaires, le Salon de l’aviation commerciale ? Arrivé au centre de Presse, de quoi parle-t-on finalement ? Des carnets de commandes d’Airbus et de Boeing.

 

 

 

Non, rectifions la nature de ces communications. Il s’agit bien d’intentions  formulées par des clients potentiels en avions de ligne, pour tant d’appareils de tel, ou tel type. Si bien que dans la bataille quotidienne d’annonces entre les deux avionneurs de Seattle, et de Toulouse, on ne sait jamais qui a gagné, et en quoi. Mais après tout, la course que se livrent les deux industriels rappellent une séance de tiercé, alors que nous suivons les résultats sur le Show Daily distribué chaque jour dans les allées du salon, au moment de petit déjeuner. Oui, Le Bourget n’a plus beaucoup d’aéronefs sur son tarmac, mais qu’importe après tout, pour les professionnels que nous sommes, du moment que nous avons la joie de nous retrouver autour d’une conférence de presse à 9h00 sur le pavillon de Farnborough Int. Curieusement, sans avions militaires vedettes, Le Bourget gagne beaucoup plus en décontraction que lors des éditions antérieures. Pour moi, c’est l’heure du café et du « preview » sur le Bahrain Int. Airshow, organisé par Farnborough Int., en janvier 2016. Il est encourageant d’y apprendre que nos amis, les émirs du Golfe,  n’hésitent pas à sortir leur carnets de chèque, rien que pour le spectacle et pour leur public. Et oui, ici, en France on devrait avoir un peu de soucis à se faire, car là aussi, en Chine, à Sichuan, la même société Farnborough Int. organisera un nouveau show, en septembre 2017, avec un spectacle aérien chaque après-midi, pendant les cinq jours de l’événement. Oui, m’a-t-on confirmé, il y a en Chine, assez d’espace pour organiser deux salons : Zhuhai pour l’aviation militaire, et Sichuan pour alimenter un marché chinois en avions civils, qui, dans 20 à 30 ans, devrait à lui seul égaler le nombre d’avions civils déjà en service dans le monde entier en 2015 (!?) Finalement, pendant ce petit déjeuner, se dessine une morale qui arrive au bon endroit. Les britanniques qui ont eu en 60 ans, la sagesse de développer - et de conserver - un airshow doté d’un spectacle aérien reconnu mondialement, ont su « se vendre à l’international » en constituant en société - sous le nom de Farnborough Intl. - et vendre leur savoir-faire ailleurs dans le monde. Ainsi, j’entends déjà revenir vers moi, ceux qui m’ont dit qu’après tout, seul comptent les « affaires » dans un salon. Aimer les aéronefs, et le faire partager au citoyens, cela n’est-il pas tout aussi « payant » ? De quelles « affaires » parlons-nous ? Il me semble que le spectacle en fait partie, en tant que grand ministère de la culture aéronautique et spatiale pour tous.

 

 

Cela dit, au fil des allées parcourues, je suis de plus en plus inquiet. Entre reporters d’images, on échange et on s’interroge : « tiens, au fait, pourquoi est-ce qu’on vient tous les 2 ans ? » . « C’est l’événement » répondent certains, « c’est une tradition » disent d’autres. Pour moi, heureusement, c’est un forum unique pour échanger sur l’état de l’art en technologie aéronautique et spatiale. Il est vrai que cela suffit pour nous mobiliser. Mais je sens qu’inconsciemment, nous sommes ici, poussés par une passion presque compulsive, à la recherche de vieilles « sensations » aéronautiques, mais persistantes dans notre cerveau depuis déjà 20 à 40 ans, alors que nous savons bien que nous vivons une époque qui n’a plus rien à voir avec l’environnement international et technologique du monde ancien. Et même pour un visiteur d’il y a deux ans, le problème est que les démonstrations en vol, de l’après-midi, de 13h09 à 16h00 n’ont rien à voir avec ce qu’il a vu dans le passé. Tour à tour, évoluent un E-FAN puis un SA300 Starduster si petits qu’on les distinguent à peine dans le ciel, au téléobjectif, puis le CS300. L’A350 est assez majestueux, l’A400 M, sous les feux des medias, le Falcon 8X joue LA nouveauté, et le B787-9 de Vietnam est de mon point de vue, la star du Salon, au fuselage émeraude. Bien sûr, l’A380 était là. Il faut saluer la prestation des avions de ligne : ils ont tous accompli un passage «  train sorti » avec remise des gaz. On verra aussi, un NH-90 de l’Armée de Terre, et le Rafale de l’Armée de l’Air qui trône dans le « Grand Bleu » français, comme si soudainement depuis six mois, il était un peu devenu pour tous, le seul jet de combat existant au monde. Curieux pour un chasseur qui fut si longtemps dénigré, comme un objet de luxe soit disant invendable à l’export. C’est pourquoi je trouve cet instant surréaliste. La Rafale est le seul chasseur occidental, les autres absents, et hors du jeu ! Enfin, le JF-17 Thunder de l’Armée de l’Air Pakistanaise a l’honneur d’être le seul jet militaire étranger au Bourget 2015. Le pilote pakistanais doit se sentir un peu seul lui aussi. Puis à 16h00, le silence s’abat sur les hommes d’images postés en bout de piste : ils semblent se demander du regard, pourquoi le ciel du Bourget doit-il rester aussi vide cette année, alors que le soleil est si glorieux ? Quelle ironie. Heureusement les beaux avions de lignes ont fait ce qu’ils pouvaient pour tenter de déjouer ce supplice, en nous traçant peut-être une orientation future du Salon : un rendez-vous plus axé sur les technologies civiles et les énergies propres ?

 

(*) Et merci Mesdames et Messieurs du Service des Medias, merci pour la qualité de vos efforts pendant ces journées professionnelles.

 

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