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Passion 4 : « Les Aventuriers » de R. Enrico : un film de 1967 célébrant insouciance et vitalité.. 04/02/2020

 

« Les Aventuriers » de Robert Enrico 

 

Ce film nous rappèle comme par magie, que nous avons souvent oublié de vivre tels que nous sommes, en bateau, en avion, à grande vitesse, sur quatre roues, ou dans l'art.

 

Un film qui commence bien pour un photographe aéro ! 

« Bon alors écoute, Manu ! J’ai mis le diaph. sur f/8, mais si ça se couvre, mets sur f/2 » , lui dit Roland au téléphone. Le lendemain, dans son Stampe SV-4, Manu va faire un passage sous l’Arc de triomphe. Une tentative qui nous rappelle l’exploit de Charles Godefroy qui, le 7 août 1919, était passé sous cette Arche en Nieuport 11. En fait, Manu n’y parviendra jamais, car en effectuant son approche le long des Champs Elysées, il constate que le drapeau a été hissé sous l’Arche, et que donc, son passage en biplan est impossible. Réglée sur f/8, dans les règles de l’art de la prise de vue aérienne, la caméra Super 8 installée la veille sur le Stampe, par Roland, ne servira jamais à enregistrer cette action.

 

 

 

 

 

Ce n’est qu’une magnifique séquence d’évasion parmi tant d’autres, que nous re-découvrons dans ce film au charme des couleurs chaudes de Kodachrome. «  Les Aventuriers », une production franco-italienne de Robert Enrico de 112 mn, réalisée en 1966, sur un scénario de Pierre Pelegri, et d’après le roman de José Giovanni. Les quatre personnages centraux sont interprétés par la charmante canadienne Joanna Shimkus ( Laetitia Weiss ), Alain Delon ( Manu Borelli ), Lino Ventura ( Roland Darbant ), et Serge Reggiani ( un vilain pilote belge). 

 

 

 

 

Laetitia, Manu, et Roland sont des romantiques qui n’hésitent pas à vivre jusqu’au bout de leurs rêves. En région parisienne, Roland conçoit et teste des dragsters, tandis que Manu, instructeur sur l’aérodrome d'Enghien Moisselles dans le Val-d’Oise, se fait arnaquer par de faux sponsors qui lui ont promis de l’argent contre la réalisation de cet exploit sous l’Arc de Triomphe. Toutefois, faisant mine de se faire pardonner, les escrocs lui indiquent l’emplacement d’un trésor immergé au large du Congo. Pendant la guerre d’indépendance du Congo, un belge avait tenté de fuir en urgence, avec une mallette contenant une fortune en pierres, à bord d’un Broussard piloté par le vilain Reggiani. Accidenté, l’avion a terminé son trajet au fond de la mer.

 

Manu, Roland, et Laetitia ne se posent jamais de questions. C'est ce qui les rend attachants. Ils se laissent guider par leur instinct : retrouver ce trésor. Ils se rendent au Congo, achètent un bateau, se font rattraper à bord, par l’ancien pilote (Reggiani) de cet avion plongé par le fond,. Ce dernier veut sa part. Dans une magnifique séquence de plongée, ils retrouvent ensemble, la mallette dans l’avion, lequel est déstabilisé par leur présence et manque de peu, de les attirer par le fond en glissant dans les abysses. Interceptés au retour par des mercenaires déguisés en policiers de la « Maritime », Laetitia meurt dans un échange de tirs avec eux, malencontreusement provoqué par Reggiani qui est abandonné sur un canot. Elle est inhumée dans les fonds marins, enfermée avec poésie dans un scaphandre. 

 

 

 

 

 

On accepte facilement de se laisser transporter avec Manu, Roland et Laetitia, que ce soit en « dragster », dans les airs, ou par le fond. Dans notre monde bien matérialiste, nous avons oublié de vivre ainsi. La dernière partie du film réunit Manu et Roland au Fort Boyard. Roland veut exhausser le voeux de Laetitia qui voulait acheter cet édifice en ruine avec sa part du butin. En 1966, ce fort abandonné est inconnu de la télévision et du public français. Dans son jus, il retrouve son éclat, lorsque Manu et Roland y affrontent les derniers mercenaires qui les attaquent pour tenter de leur ravir leur fortune. Dans les coursives de l’édifice, Manu est tué, et Roland se débarrasse d’eux à l'aide de grenades « press purée » prises dans des caisses d’armes abandonnées sur place, par la Wehrmacht. Une scène d'éclats.

 

Les filmographies dites « d’aviation » en tant que telles, tombent dans le « travers » classique qui consiste à ne citer que des oeuvres, où les aviateurs mythiques occupent une place centrale, aussi peu charismatiques soient-ils. C’est assez réducteur, pour des  oeuvres telles que « Les Aventuriers » de ne pas être reconnues en tant que « film aéro », ou même, comme film aquatique pour les scènes de plongée. Un long métrage qui offre pourtant 20 à 30 mn de bobines de plans aériens d’une grande dynamique. Les séquences en Stampe ont a été tournées sur place, à Enghien Moisselles. Au fait, que reste-t-il aujourd'hui, des infrastructures de l'aérodrome vues dans ce film ?

 

Si la sécurité sociale devait rembourser un film, ce devrait être celui-ci. Mon hommage au cinéma de nos amis italiens, en cette période très cruelle pour eux.

 

Crédit Photos : Société Nouvelle de Cinématographie (SNC).

 
 

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